Vous voulez aider vos enfants lorsque leurs angoisses nuisent à leur
vie quotidienne? Commencez par les écouter sans tenter de fournir des
réponses ni de les rassurer que leurs inquiétudes sont sans fondement.
Tyler est un garçon de 8 ans en bonne santé. Mais dernièrement,
il a été intimidé par un autre enfant dans la cour d’école. Ses parents
en ont parlé à la direction de l’école qui s’est empressée d’intervenir,
mettant fin à l’intimidation. Mais Tyler continue d’avoir peur. Il a
refusé d’aller au terrain de jeu cet été, même à celui de son propre
quartier.
«Il était convaincu qu’on allait l’intimider de nouveau, se
souvient sa mère. Peu importe ce que nous disions pour le rassurer, il
refusait tout simplement d’aller au terrain de jeu au bout de la rue,
même lorsqu’il y avait au moins un des voisins qui surveillait les
enfants.»
Les angoisses et les craintes sont très courantes chez les
enfants et les adultes. On estime qu’une personne sur douze en souffre à
tout moment. «L’incidence de l’anxiété est semblable à celle de
nombreux troubles physiques comme l’asthme, fait remarquer Beverly
Beuermann-King, une conseillère associée à l’Association canadienne pour
la santé mentale. Il est possible que l’anxiété empêche ces gens de
participer pleinement à leur vie – aller à l’école, se faire des amis,
essayer de nouvelles activités ou faire des activités qu’ils aimaient
faire auparavant.»
Selon des études récentes, les troubles anxieux peuvent résulter
d’une combinaison de déséquilibres biochimiques, de facteurs génétiques
et du stress. L’école, un déménagement, des problèmes familiaux, une
maladie, la pauvreté et la pression de ses camarades peuvent tous causer
beaucoup de stress pouvant déclencher un trouble anxieux comme un
trouble panique, l’anxiété, des phobies et le trouble
obsessionnel-compulsif. S’ils ne sont pas reconnus et traités, les
troubles anxieux peuvent entraîner l’alcoolisme et l’abus de
stupéfiants, des problèmes familiaux, la dépression et dans certains
cas, le suicide.
Quelques questions à se poser
Comment peut-on savoir si un enfant réagit normalement à une
situation ou s’il souffre d’une anxiété plus grave? Commencez par vous
poser les trois questions suivantes:
1. L’enfant a-t-il les mêmes types d’angoisses que les autres enfants?
Il est normal que des enfants de moins de trois ans aient des
réactions vives lorsqu’ils sont séparés de leurs parents. De plus, même
au cours des années scolaires, beaucoup d’enfants développent une peur
des insectes, des étrangers ou des fantômes. Il est possible que votre
enfant ait un problème d’anxiété si ses craintes semblent
disproportionnées ou si elles durent trop longtemps. Un trouble anxieux
n’est pas seulement une réaction normale. C’est une maladie. Ainsi, un
adolescent ayant toujours réussi à l’école a pu développer un trouble
anxieux s'il devient subitement craintif après avoir rendu des travaux
insatisfaisants.
2. L’enfant peut-il expliquer ce qu’il ressent? Les
enfants ne peuvent généralement pas expliquer leur anxiété. Ils ont
beaucoup de difficulté à parler de leurs craintes ou de leur angoisse.
Les parents ont la responsabilité de s’apercevoir des changements dans
les habitudes de leurs enfants et dans leurs réactions à ce qui leur
arrive. Votre fille se retire-t-elle de plus en plus? Votre fils dort-il
moins? Votre bambin est-il plus collant qu’avant?
3. Depuis combien de temps cela dure-t-il? Les
inquiétudes générales ne durent pas toute l’enfance, car elles
disparaissent rapidement. Toutefois, il y a lieu de se soucier d’un
enfant dont les craintes ou les angoisses durent plusieurs semaines. Si
elles persistent pendant trois mois, il faut obtenir de l’aide
professionnelle.
Les enfants sont en contact constant avec d’autres enfants, des
parents et des enseignants. Il est possible que quelqu’un ait remarqué
un changement dans le comportement de l’enfant. Il se peut même que
cette personne puisse expliquer la cause de ce comportement. Parfois, un
enfant du voisinage se moque sans cesse du nom de l’enfant. Il suffit
alors de rassurer l’enfant lorsqu’on connaît la cause de ses angoisses.
Mais il n’est pas toujours facile d’en parler avec l’enfant, puisqu’on
risque de donner au problème une dimension qu’il n’a pas. En effet, les
parents peuvent faire plus de tort que de bien s’ils traitent chaque
souci que se fait l’enfant comme si c’était un problème grave. Ce
dernier peut alors s’imaginer que le monde est un endroit très
dangereux. N’oubliez pas que certaines craintes sont normales, compte
tenu de l’âge de l’enfant, et que sa réaction peut même être un signe de
maturation. D’autre part, il ne faut jamais refuser de voir les vrais
problèmes pouvant nuire à l’épanouissement de l’enfant.
Signes d’anxiété chez les enfants
- Les enfants anxieux s’inquiètent beaucoup de certains dangers
ou de certaines menaces. Ainsi, ils peuvent avoir peur de se faire
mal, de faire rire d’eux ou qu’une personne qui leur est chère tombe
malade ou meure.
- Lorsque les enfants deviennent anxieux, leur respiration
s’accélère. Ils peuvent transpirer plus de d’habitude ou avoir une
diarrhée, des nausées ou des maux de tête.
- Un enfant anxieux est un enfant nerveux qui peut crier, être collant ou gigoter sans cesse.
- Les enfants anxieux évitent généralement les choses dont
ils ont peur. Ainsi, ils ne voudront pas aller au terrain de jeu par
crainte de rencontrer de nouveaux enfants et ils refuseront d’aller à
des fêtes afin de ne pas être séparés de leurs parents.
Comment aider un enfant anxieux
Vous voulez aider vos enfants lorsque leurs angoisses nuisent à
leur vie quotidienne? Commencez par les écouter sans tenter de fournir
des réponses ni de les rassurer que leurs inquiétudes sont sans
fondement.
«Toutes les craintes sont réelles pour un enfant, explique Mme
Beuermann-King. Plus les parents aident l’enfant à développer des
stratégies pour composer avec ses craintes, plus l'enfant sera en mesure
de les surmonter. Toutefois, les parents doivent obtenir des conseils
médicaux si les symptômes dépassent ce qui est considéré normal pour le
stade de développement de l’enfant, si l’anxiété crée des retards
considérables dans un aspect de la vie de l’enfant ou si ses symptômes
persistent pendant une période excessive.»
Consultez d’abord votre médecin de famille ou pédiatre qui pourra
vous orienter vers un psychologue ou un psychiatre. Ces spécialistes
peuvent aider les enfants à surmonter leurs angoisses à l’aide de
techniques de relaxation, d’amélioration de l’estime de soi et de
renforcement de la confiance.
Le traitement aura de meilleures chances de réussir si l’on
accorde un soutien à l’enfant et si l’on reconnaît les symptômes de
l’anxiété dès leurs premières manifestations. Le dépistage précoce peut
ainsi éviter des années de désespoir, de culpabilité et de tourments et
même sauver la vie d’un jeune adulte.
Source: Tiré du site internet Santéontario.com [En ligne] http://healthyontario.com (page consultée le 3 juin 2004).